J’avais glissé sur l’article du Monde qui relatait le plan contre la violence urbaine, que présentait la police française à ses homologues européens, un modèle anti-émeute d'exception ! L’article était là, en arrière plan mental, quand j’ai découvert les journées de la sécurité civiles, ces 18 et 19 octobre. Une débauche d’uniformes et de matériels, pour dire et redire, montrer et démontrer, que tout est sous contrôle. Dormez tranquilles, braves citoyens, la police veille, en alerte, elle scrute et recrute.

D’un coup, l’article est remonté à la surface du visible, il se matérialisait sur la place publique, le trop de bleus faisait peur, quelles menaces pour autant de signe extérieur d’ordre public ? D’autant que Bakchich n’y vas pas en nous rassurant, en parlant d’un plan shérifs à la place du plan Marshall pour les banlieues françaises. Banlieue, terrorisme, garde à vue 96 heures, drones, lunettes de visée, … : rien ne vaut, pour détourner la charge du gueux dont le pouvoir d’achat se barre en sucettes au Dow Jones, un bon amalgame des familles, qui a déjà fait cent fois ses preuves, …
Ce week-end, la police la peur se payait une opération de relations publiques, à Paris, Marseille, et dans toutes les grandes villes de France. La réponse sécuritaire faisait sa communication sur le dos des contribuables, pour leur apprendre ainsi qu’à leurs rejetons, l’ordre et le respect, des valeurs dévaluées.

Plus de flics et moins de profs, par temps de disette budgétaire, le gouvernement affiche ses priorités. Ce week-end justement, manifestait le monde de l’éducation, pour dire sa colère au gouvernement omniprésidentiel, pendant que les flics faisaient la propagande d’une politique sécuritaire. C’est dans l’ordre de choses d’une France sarkoziste, avec son ministère de l’identité nationale… Oyez, oyez, braves citoyens, et surtout, désapprenez à siffler s’il vous venait à l’idée de ne pas chanter l’hymne national !
Je ne suis pas un dangereux anarchiste, ni un gauchiste rougeouillant rêvant d’un grand soir qui n’arrivera jamais, et qui voudrait dissoudre les forces de l’ordre. Loin s’en faut, juste un citoyen ordinaire. Je dis que la pression sécuritaire ordonnée, après une peur médiatiquement organisée, est une mauvaise voie pour notre démocratie. Et je suis de l’avis de ce responsable policier européen, qui commentait dans le Monde ce plan shérifs pour les banlieues françaises : "La police française envoie des Robocops en banlieue mais ne peut plus parler avec les habitants. Nous, on fait le choix d'envoyer des hommes pratiquement sans équipement pour avoir un dialogue".