Je suis dans l’entre deux, j’ai retrouvé le lieu d’avant l’île paradisiaque, mais pas encore la vie qui va avec. La regarder en face, cette vie d’avant, en faire l’autopsie dans la lumière crue du retour. Prendre mentalement de bonnes résolutions pour vivre mieux. Dans le désordre : ranger et nettoyer mon appartement, ouvrir la boite aux lettres, refaire l’électricité, moins vivre dans ma bulle, communiquer d’avantage, être moins papillon de nuit pour savourer d’avantage les plaisirs de l’aube, faire moins pour au final faire mieux, payer mes impôts sans retard et ouvrir mon relevé de compte en banque, écouter d’avantage et parler à des inconnu(e)s, m’arrêter de fumer et moins m’enivrer, …
J’arrête là, épuisé par tant de choses qu’il me faudrait faire pour relier l’action à la pensée. J’en ferai au moins la moitié.
L’écriture devient plus intime, moins réfléchie. Parler des autres, parler du monde ?
J’ai acheté le journal hier, pour me replonger dans l’histoire en train de s’écrire. Vraiment pas de quoi rire, que des feuilles d’angoisse, le présent s’étale anxiogène. Les deux seules bonnes nouvelles : un cessez le feu probable entre Israël et le Liban, et aussi Fidel Castro en train de mourir, j’irais peut être bientôt à Cuba. Pour le reste, conserver un peu de distance, la vie ici est belle.