L’Ariane, kartier sous la plume belle de Maryline Desbiolles, recueillie en portraits, neuf plus un, dix voix, l’âme et le cœur d’un lieu. Des mots pour des humanités qui foulent la lumière crue du sud-est dans la pudeur et la pauvreté, dans un quartier où « c’est pourtant pas la guerre, pas du tout la guerre, pas la guerre, pas le moins du monde, la poussière qui pique les yeux et la gorge, même notre langue est poussiéreuse ». Des vies ballottées, échouées dans une île terrestre dont on part difficilement, réhumanisées par le fil littéraire de l’auteur.
Que n’est il d’autres Mme Desbiolles, pour chaque quartier stigmatisé en quartier à « karchériser », pour nous faire changer de regard, voir des trajectoires poétiques (parfois douloureuses) à la place de nos peurs.
J’avais découvert Maryline Desbiolles avec La Seiche, forcément commencer par la gourmandise ;-). Depuis, je suis resté fidèle, Anchise, Le Petit col des Loups, Le Goinfre, … Avec C’est pourtant pas la guerre, c’est le même style précis, saccadé, émotif, mais résolument tourné dans une vérité du réel social sans stigmate.